Du civil au militaire

Après une série de tests de sélection (à Cambrai et à Lille en 1972), me voici sur les « rails » d’une carrière que je n’aurai jamais imaginé auparavant.

26 octobre 1972, en compagnie d’une centaine de jeunes comme moi ‘engagés volontaires’, je pars du BIM (bureau d’information Marine) de Lille et je traverse la France de nuit par le rail pour me retrouver au petit matin au Centre de Formation Marine à Hourtin (33 Gironde). Je venais tout juste d’avoir 17 ans 6 jours auparavant.

Dès lors tout se précipite et me voilà cintré dans l’uniforme de marin avec un pompon sur la tête.

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C’est là que j’apprends les rudiments du militaire avant même de devenir marin. C’est là aussi qu’après de nouveaux tests en tous genres, (physiques, psychologiques, intellectuels …) l’orientation vers un métier s’est jouée : je ferais un bon timonier, tel est décidé !!! emoticone Soit. C’est aussi à cet instant que je fus classé apte au service à la mer.

A la fin des classes, je fus nommé le 30 novembre matelot breveté équipage avant de regagner l’école des Timoniers à Saint Mandrier.

Mes copains de chambrée : La Puce de Lille et Dominique de Coudekerque Branche.

 



L’école des Timoniers

1er décembre 1972

Ecole des Timoniers à Saint-Mandrier (83 Var). Quatre mois de cours intenses pour décrocher le brevet élémentaire. Apprendre la navigation, à parler avec des signaux lumineux, des pavillons à bras, des ‘flottants’, à lire les cartes marines…., tout çà est bien compliqué ! Mais quand même, sorti 3ème du cours, je pus choisir avant mes camarades ma première affectation : La Polynésie Française TAHITI emoticone

Photo de fin de cours ou me voici Matelot breveté timonier avant mon départ pour Tahiti le 19 avril 1973.

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Tahiti : Ile paradisiaque

19 avril 1973 :

Je pose les pieds sur le sol de FAAA au petit matin, l’aéroport de Tahiti, après avoir traversé la moitié du globe en 19 heures de vol avec deux courtes escales à Montréal et Los Angeles. (photos ci-après: la piste de FAAA et la rade de Papeete)

 

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A la descente de l’avion, je suis envahi d’une chaleur moite et d’un parfum abondant de tiarés (fleur de l’île).

 

Accueilli à ma descente d’avion, je suis emmené à la base Marine de Faré Uté, et suis affecté à la Mission Hydrographique en Polynésie Française (MHPF).

 

La MHPF était une unité de la Marine dirigée par un ingénieur de l’Armement Hydrographe et avait pour mission de « cartographier » les fonds marins autour de Tahiti, des îles et Atools voisins. Ainsi, les travaux des équipes de la MHPF se déroulaient en deux phases : une phase de relevé des fonds en mer suivi d’une phase de report des relevés sur des canevas (ébauches de cartes marines).

 

Les différentes missions confiées à la MHPF m’ont permis de voyager autour de l’île de tahiti mais aussi à Mooréa (île petite soeur de Tahiti), et sur les Atolls de Mururoa et Fangataufa.

 

A cette époque, le Centre d’expérimentation du pacifique (CEP) expérimentait les tirs atomiques aériens et souterrains et nous effectuions une mission hydrographique à Mururoa au moment du dernier tir aérien. Bien sûr nous avions auparavant été évacué de l’Atoll par mer sur un remorqueur, ce qui m’a permis de prendre des photos de l’explosion atomique.

Le 1er janvier 1974, je suis nommé « quartier maître de 2ème classe ».

En août 1974, l’Estafette, bâtiment hydrographique de la Marine basé à Brest fut affecté en Polynésie Française. L’objectif était de dissoudre la MHPF pour créer la MOP (Mission Océanographique du Pacifique) avec l’affectation de l’Estafette à Nouméa à partir de fin 1974. Le photographe de la Mission était à cette époque Bernard Roche. Je me souviens aussi du PM RUPP, SM GERMAIN, le SM PARIS, le PM KERDRAON, le MT BRAMOULE, Mlot DUCROT, Mlot GEVA

Pendant mon séjour sur l’île, mon chemin a recroisé celui de Dominique qui était embarqué sur l’aviso Doudart de LAGREE qui a rallié Papeete au cours de l’année 74. Ci-après : dominique dominique.jpg

Pour ma part, ma campagne tirait à sa fin et je suis rentré en métropole le 18 octobre 1974.

 

Photos ci-après : moi au théodolite, devant l’estafette, le champignon atomique, une vahiné, dansant le tamouré, avec le tea shirt du CEP, mon départ de l’île, les collègues Marc et Bernard, à la passerelle de l’Estafette ….

moiauthodolite.jpglestafette.jpgexplosionatomique.jpgvahin.jpgdansantletamour.jpgcep.jpgmondpartdetahiti.jpgmarcetbernard.jpgdelapasselledelestafette.jpgcocotier.jpgaborddelestafette.jpgmoi.jpgdansedutamour.jpgcoucherdesoleilsurmoora.jpg



Bref passage sur le Fringant à Toulon

Après mon retour en métropole je fus affecté sur l’Escorteur côtier « le Fringant » basé à Toulon. lefringant.jpg
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Au programme, quelques exercices et escales dont Bizerte en tunisie, Bonifacio, Porto Vecchio, Ajaccio en Corse, Sète, Ibiza aux Baléares.

Avec les copains, ascension du Mont Faron un week end de grosses châleurs.

A bord du FRINGANT
Album : A bord du FRINGANT
Quelques photos de la vie à bord, en mer et à quai.
17 images
Voir l'album

J’ai débarqué du Fringant le 31 août 1975 pour rallier l’école des Timoniers à Saint Mandrier pour suivre le cours de formation d’officier marinier (CFOM)

 



Le CFOM Timon à Saint-Mandrier

1er septembre 1975

Je pose de nouveau mes valises à l’Ecole des Timoniers à Saint-Mandrier (ex école des Transmetteurs) pour cette fois-ci suivre le cours de formation d’officier marinier timonier.

Le CFOM Timon, consistait à acquérir les connaissances nécessaires pour assurer des fonctions d’adjoint au chef de quart passerelle à la mer dans les domaines de la navigation, de la transmission des signaux par moyens visuels et phoniques, de l’entretien des cartes de navigation et des matériels, de la météorologie …..

Il consistait également à faire de nous des Officiers Mariniers, avec l’accès au premier grade du corps : second maître.

Le 1er janvier 1976, je suis nommé au grade de « quartier maître de 1ère classe ».

A la fin du cours, me voici transformé en Officier Marinier, adieu le pompon de marin, et ensecondmatreadmissible.jpgvive la casquette !battimon.jpgLà aussi, je tire mes cartes du jeu parmi les 40 élèves que nous sommes à suivre cette formation et choisit mon port d’attache et mon affectation future : BREST, Préfecture Maritime, Service OCI/DC (ouvrages, cartes, instruments, documents centralisés).

 

 



BREST

26 janvier 1976

A la descente du train en gare de Brest, je cherche ma route pour rejoindre mon affectation, c’est simple, il suffit de descendre la rue de Siam !!! Et bien allons y !!

L’OCI/DC à la Préfecture Maritime, j’avais choisi cette affectation à terre car je projetai de me construire une vie de famille. Ainsi, je suis resté 3 ans et demi dans ce service ce qui m’a permis de me marier et de voir naitre mon premier fils Frédéric le 17 février 1978.

Ce service était divisé en deux parties, l’une concernait les cartes de navigation et les instruments, l’autre les documents centralisés. Pour ma part, j’étais affecté au 1er des deux. J’avais pour mission de tenir à jour les cartes marines, et les documents nautiques, et de temps à autre, il m’arrivait de remplacer le chef à la délivrance des cartes aux bâtiments qui venaient s’approvisionner.

Si sur le plan tranquilité de vie ce poste était sympa, sur le plan professionnel, il n’avait rien de mirobolant, mais j’en avais fait le choix.

Néanmoins, une franche camaraderie régnait entre nous. Je me souviens de JOB, de CHERF, de GAILLARDON, de Mme BUREL, de BAERT, de ROUGEAU, de MORIN, de GUILLOUZIC,

Et même de l’arrivée d’une première marinette dans le service.

En mai 1976, je suivi le cours de formation à la conduite du personnel à Cherbourg.

Je fus nommé au grade de second maître le 1er avril 1977.

Au terme des 3 premières années, l’envie de prendre le large se faisait sentir. Pour autant, je fus admis à suivre le cours de brevet supérieur de Timonier sur le site de l’Ecole Navale à Lanvéoc Poulmic avant de pouvoir remettre les pieds sur un bâtiment.

Ci-après, photo de groupe, journée détente au barbecue, inspection avant l’arrivée du Président Valéry Giscard d’Estain à la Préfecture Maritime, la naissance de mon premier breton.

photodegroupe.jpgbarbecue.jpgeninspection.jpgnaissancedefred.jpg



Le brevet supérieur de Timonier

3 septembre 1979

 

Cette fois-ci, les choses deviennent vraiment sérieuses.

 

Nous n’étions que 6 à avoir été admis à suivre ce cours et il y avait presque autant d’instructeurs pour nous encadrer. Quelles poilades mais aussi que de travail. Le brevet supérieur nous ouvrait la porte pour acquérir le cadre de maistrance et l’accès aux grades d’officier marinier supérieur.

Lorsque nous étions de service, nous assurions seul la fonction de chef de barcasse avec pour équipage deux matelots et avions pour mission d’assurer une rotation en barcasse des permissionnaires entre Lanvéoc poulmic et Brest.

Je me souviens d’une traversée au petit matin dans un brouillard total ou je ne voyais pas la proue de l’embarcation et je n’avais pas de radar pour me repérer. Que de frayeurs !!

A la fin du cours, nouveau départ vers de nouvelles aventures. Cette fois, il est temps de prendre le large. Ma nouvelle affectation : la Frégate anti-sous marine : le Duguay Trouin basé à Brest.

Photo de fin de cours, au premier rang les instructeurs, derrière, les élèves.

photodecours.jpg



Le DUGUAY TROUIN, Frégate anti sous-marine D611

15 février 1980

Me voici affecté sur la Frégate anti sous-marine DUGUAY TROUIN à l’escadre de l’Atlantique en qualité de Second Maitre BS Timonier .

Pour mettre les pieds à bord, il me faut la rejoindre à Toulon où elle termine le CEF avant de remonter sur Brest. Je me souviens combien j’ai été impressionné lorsque je l’ai approché pour la première fois alors qu’elle était amarrée au ponton à Toulon.Vu de face, avec ses deux tourelles de 100mm, la passerelle à 12 mètres de haut,  je me demandais vraiment où je mettais les pieds. J’ai passé 3 ans et 3 mois à bord. Mes 3 plus belles années Marine. On passait en moyenne entre 180 et 220 jours de mer par an. Mission sur les côtes ouest de l’Afrique en 1980 avec passage de l’équateur et Mission Okoumé du 18 octobre 82 au 21 janvier 1983 avec décrochage à Rio de Janeiro du 21 au 27 décembre pour assistance technique au SNA Rubis. Une croisière blanche à Narvik avec son soleil de minuit au fond d’un fjord de Norvège pour la célébration du 50 ème anniversaire de la bataille de Narvik. Passage du cercle polaire. Rencontre avec l’escadre de la méditerrannée, pistage du Kiev, les journées à bord étaient bien remplies. Et puis drôle de fin avec l’incendie à bord le 21 février 1983. Alors que nous étions sortis en entrainement individuel au large de Brest après 1 mois de PEI, un incendie s’est déclaré compartiment machine arrière. Poste de combat à 11H29. Nous sommes rentrés à Brest au petit matin en remorque. Bilan : 18 mois de réparation. Miracle qu’il n’y ait pas eu d’explosion, ni de blessé. Chapeau encore et merci aux équipes sécu. J’ai connu trois commandants sur ce fier navire : le Capitaine de Vaisseau CHAMBAU, le Capitaine de Vaisseau LANXADE qui fut nommé quelques années plus tard Chef d’Etat Major de la Marine, puis Chef d’Etat Major des Armées pendant la guerre du golfe, et le Capitaine de Vaisseau MECHET.

20 décembre 1980 : naissance de mon deuxième fils Alexandre.

Le 1er février 1980, je fus nommé au grade de Maître et le 1er janvier 1983 au grade de Premier Maître.

Je fus débarqué le 25 avril 1983 et affecté à la Préfecture Maritime de Brest.

Photos ci-après : Le Duguay au mouillage (photo Marine Nationale) Escale à Anvers (photo Yannick Le Nouvel),  avec l’escadre de la méditerrannée, Mission Okoumé, en formation autour du Foch pour un photex, en ravitaillement avec la Durance, le Duchayla en ravitaillement, escale à Abidjan, repas des OM noël 81.

leduguaytrouinaumouillage.jpg

 

leduguaytrouinescaleanvers.jpgphotec1.jpgphotec2.jpgphotec3.jpgmissionokoum2.jpgautourdufoch.jpgravitaillementavecdurance.jpgduchaylaenravitaillement.jpgescaleabidjan9avril1981.jpgrioetdakar.jpgrepasdesom.jpgnoel81.jpg

 



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